Le Suffren, le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque français a été mis à l’eau !

 

C’est dans le chantier naval de Cherbourg, le 12 juillet dernier, que Naval Group a mis à l’eau le premier de ses six sous-marins nucléaires d’attaque nouvelle génération, issu du programme « Barracuda ».

Baptisé le « Suffren », ce géant des mers conforte la place de la France au sein des super puissances nucléaires navales, parmi lesquelles on retrouve également les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

Retour surl’un des sous-marins les plus complexes jamais construits en France dans notre article de la semaine.

 

10 ans de travail, 800 000 pièces, 800 entreprises et 10 000 personnes !

 

Le 12 juillet dernier, le chef d’Etat Emmanuel Macron a officiellement lancé le sous-marin tout en célébrant dans son discours aux collaborateurs de Naval Group l’indépendance gagnée par la France grâce à ce nouvel appareil : « Vous construisez ici notre indépendance, notre souveraineté, notre liberté d’action. Au nom de tout le pays, je veux vous dire ma fierté et vous remercier ».

Il aura fallu 10 ans de travail et l’assemblage de plus de 800 000 pièces pour construire ce mastodonte de la Marine Nationale.

Au total ce sont plus de 800 entreprises et 10 000 personnes qui ont participé à sa construction.

Avec cette nouvelle gamme de sous-marin, Bertrand Dumoulin se félicite de faire passer l’armée française « de la 2CV à la Formule 1 »,avant d’ajouter que ce sous-marin sera « une base avancée secrète et immergée pour les nageurs de combat et leur équipement, dont un mini-sous-marin ».

 

 

99 mètres de long pour un peu plus de 4600 tonnes !

 

Ce mastodonte de 99 mètres de long pour plus un peu plus de 4 600 tonnes (5300 tonnes en plongée) est plus grand et plus lourd que ses prédécesseurs.

Si sa taille lui permettra d’emmener plus d’armes à bord, le nombre de marins passera lui de 70 à 63.

Parmi l’équipage, on retrouvera notamment deux « oreilles d’or », des analystes capables d’entendre les bruits, mêmes minimes, d’ouverture ou de fermeture des portes des tubes-lance-armes grâce à leur ouïe hors du commun.

 

 

Avec une vitesse maximale de 27 noeuds et une capacité de 350 mètres de profondeur, le Suffren s’impose comme un des véritables atouts de la Marine Nationale.

« Ce qui naît aujourd’hui avec le Suffren, c’est un chasseur, pas un bateau qui va se cacher au fond de l’océan, c’est un bateau qui est taillé pour le combat », a précisé l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la marine.

Pour pouvoir atteindre ses objectifs, le Suffren a été conçu de manière à se fondre parfaitement dans le décor en étant le plus discret possible, y compris au niveau sonore.

 « On en attend une discrétion presque 10 fois supérieure aux sous-marins actuels », indique Bertrand Dumoulin, capitaine de vaisseau. Selon un responsable de Naval Group, le Suffren ferait même « moins de bruit qu’un banc de crevettes ».

Le sous-marin se veut également plus endurant, puisqu’il pourra rester 70 jours en mer, contre 45 pour les Rubis, et plus redoutable grâce à des missiles de croisière navals, des missiles antinavires Exocet et des torpilles lourdes.

Grande nouveauté de ce sous-marin, des plongeurs de combats pourront être déployés grâce à un propulseur sous-marin situé sur le pont du submersible.

Autre changement, le périscope emblématique qui jusqu’ici permettait à tous les sous-marins d’observer la surface de la mer, ne sera pas présent sur le Suffren. Pour le remplacer, les techniciens ont mis en place des caméras qui seront placées en haut d’un mât optronique et qui retransmettront les images sur les écrans des postes d’opérations et de navigation.

 

Enfin un équipage mixte !

 

Autre avantage important du Suffren, il a été adapté dès sa conception à l’accueil d’un équipage mixte.

Cela vous paraît logique ? Et pourtant, il a fallu attendre 2014 pour que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, autorise l’accès aux sous-marins à des femmes et qu’il a fallu attendre 2018 pour que quatre françaises rejoignent la famille des sous-mariniers au sein du Vigilant, un sous-marin nucléaire lanceurs d’engins (SNLE), après avoir été sélectionnées et avoir suivi et une formation de deux ans.

Le Suffren sera donc le premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) français à accueillir des femmes à son bord.

 

« Barracuda » un programme à plus de 9 milliards d’euros

 

Parmi les missions qui lui seront confiées, on retrouve l’escorte et la protection du porte-avion Charles-de-Gaulle, les missions historiques de soutien à la force de dissuasion, le recueil de renseignements, le pistage des sous-marins adverses, le déploiement des forces spéciales, mais également la « frappe contre terre » qui sera décuplée grâce au missile de croisière naval (MdCN) d’une portée de 1000 km.

Le missile de croisière naval devrait également permettre au Suffren et aux autres Barracuda attendus de lutter contre le terrorisme.

Il s’agit là d’un programme majeur pour La Défense, dont le développement et la construction de l’ensemble de la flotte Barracuda, portée à six unités, ont coûté 9,1 milliards d’euros.

Hervé Guillou, PDG de Naval Group a affirmé que le coût du programme correspondait « à peu près 1 milliard par navire » et était « 30 à 40% moins cher que ceux de nos partenaires européens ».

« Ce sont les meilleurs sous-marins du monde, à des prix extrêmement attractifs et des capacités opérationnelles tout à fait exceptionnelles », « Ça nous classe en toute première division » a-t-il poursuivi.

Malgré de nombreuses péripéties depuis le début de la construction en 2007, et près de 3 ans de retard de livraison, la reprise du programme en 2014 de Vincent Martinot-Lagarde, directeur actuel du programme Barracuda, a permis de remettre le projet sur de bons rails.

Une fois l’ensemble des tests réalisés, soit d’ici un peu moins d’un an, le Suffren commencera sa mise en service et remplacera peu à peu la classe « Rubis », la précédente génération de SNA mise en service au début des années 1980.

 

Zéro déchet rejeté en mer !

 

L’aspect écologique étant plus que jamais au coeur des débats, la ministre des Armées, Florence Parly a précisé que ce sous-marin ne rejettera aucun déchet en mer, de quoi rassurer sur les enjeux environnementaux.

Une fois les essais à quai et en mer terminés, le Suffren sera livré à la Marine Nationale, à Toulon, avant l’été 2020.

D’ici 2025, le Duguay-Trouin, le Tourville et le De Grasse sont attendus, suivi de près par le Rubis et le Casabianca.

À eux six, ils formeront la nouvelle flotte de sous-marins du programme Baraccuda, construits pour pouvoir rester en service durant 30 années.

Fort de ses multiples atouts, le sous-marin est d’ores et déjà un succès commercial, puisque l’Australie a commandé 12 sous-marins de la future classe “Attack”, des dérivés à propulsion diesel des sous-marins nucléaires d’attaque « Barracuda », pourun montant de plus de 30 milliards d’euros.

À relire : Les détails du « contrat du siècle », qui va lier Naval Group à la marine australienne pour 50 ans !

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