Le « jour de dépassement » des ressources renouvelables de la planète pour un an déjà atteint !

C’est un triste constat !

Depuis lundi dernier, 29 juillet, nous avons officiellement épuisé la totalité des ressources naturelles à l’échelle mondiale…

L’humanité vivra donc à crédit pour les cinq mois à venir ! Pire encore ce « jour de dépassement » arrive chaque année de plus en plus tôt et ne présage rien de bon pour l’avenir.

Sachez qu’en France, le jour de dépassement de 2019 a été atteint le 14 mai dernier !

On vous explique tout dans notre article de la semaine.

 

Deux mois plus tôt qu’il y a 20 ans !

Cette date de dépassement est fournie chaque année par Global Footprint Network, un regroupement d’experts créé en 2003 et ayant pour but de faire progresser le développement durable, l’empreinte écologique et la biocapacité.

Cette date symbolique met en évidence la surconsommation et la destruction bien trop rapide des ressources à notre disposition. C’est-à-dire des ressources que notre belle planète est capable de produire et de renouveler en un an.

Aujourd’hui, la date du dépassement des ressources naturelles renouvelables arrive deux mois plus tôt qu’il y a 20 ans, et plus de trois mois plus tôt qu’il y a 40 ans.

« Cette date toujours plus précoce traduit la rapacité et le caractère prédateur de l’homme sur les ressources naturelles. Nous détruisons toujours plus vite les capacités de renouvellement des ressources de la planète », accuse Arnaud Gauffier, co-directeur des programmes au WWF-France.

 

Comment cette date est-elle calculée ?

Le calcul est basé sur « la comptabilité précise de l’utilisation et de la capacité de régénération des ressources écologiques de plus de 200 pays et régions de 1951 à nos jours », précise Global Footprint Network, en s’appuyant sur les données de l’ONU.

Il établit ainsi le « jour du dépassement » par pays, les pays consommant plus ou moins en fonction de leur développement et de la richesse de leurs habitants, et fixe une date à l’échelle mondiale.

Ce mode de calcul reste cependant contesté par de nombreuses personnes, puisqu’il ne prend pas en compte la déforestation ou encore les émissions de gaz à effets de serre, qui accélèrent un peu plus l’amenuisement des ressources.

Ce calcul est donc là avant tout pour avertir et mettre en garde l’humanité sur sa consommation même s’il ne peut prendre en compte toutes les données comme le souhaiteraient certains.

Voici le détail par pays :

 

Le « jour du dépassement » en France atteint depuis le 14 mai !

La France se retrouve en 25ème place de ce classement peu glorieux.

Cette année, la date de dépassement
des ressources de la France est d’ailleurs atteinte depuis le 14 mai dernier, soit après seulement à peine plus d’un trimestre de consommation.

Si le monde entier adoptait notre style de vie et donc de consommation, 2,7 planètes seraient nécessaires pour satisfaire nos besoins.

Voici, si nous adoptions tous le style de vie de certains pays, le nombre de planètes Terre dont nous aurions besoin pour une année de consommation :

États-Unis : 5
Russie : 3,2
Allemagne : 3
Inde : 0,7.

En faisait une moyenne mondiale, 1,75 planète serait désormais nécessaire pour les besoins de la population mondiale.

Les modes de vie et de consommation sont très variés et montrent bien les écarts importants que deux pays peuvent avoir entre eux. « Le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l’Indonésie a consommé toutes les ressources pour l’année entière après 342 jours », indiquent conjointement Global Footprint Network et WWF.

Même si faire reculer cette date dans les années à venir peut paraître impossible, ce n’est pas une fatalité et nous pouvons encore agir : « Vivre selon les moyens que nous accorde notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère », explique Mathis Wackernagel, le PDG de Global Footprint Network.

 

 

 

Quelles solutions s’offrent à nous ?

Bien entendu, cela devra passer en premier lieu par une prise de conscience générale quant aux problèmes environnementaux et un effort commun pour sauvegarder la Terre et ses ressources pour les générations à venir.

De nombreuses solutions s’offrent à nous pour inverser la tendance, ou du moins pour réduire considérablement notre impact.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre :

Le principal levier d’action concerne les émissions de gaz à effet de serre directement causées par la surconsommation de manière générale comme l’utilisation excessive des voitures et des avions, la surconsommation de bien matériaux qui traversent la moitié du globe par navire avant d’arriver chez nous ou encore la déforestation massive dans certaines régions…

« S’agissant des émissions de gaz à effet de serre, qui représentent 60 % de l’empreinte écologique mondiale, en les diminuant de 50 %, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement en octobre », précise le WWF.

Faire respecter les accords mondiaux !

« On constate qu’après la signature symbolique de l’Accord de Paris, lors de la COP21 en
décembre 2015, rien n’a été fait. Les émissions de CO2ont recommencé d’augmenter dans le monde entier dans des proportions inquiétantes », insiste Arnaud Gauffier, avant de poursuivre « Si l’on continue comme cela, le réchauffement atteindra les + 4 °C à + 5 °C en 2100. C’est un monde que personne ne souhaite et pourtant on va droit vers un bouleversement total de la planète ».

 

Réduire la consommation de protéines animales et arrêter le gaspillage massif !

Un autre levier potentiel serait de diviser par deux la consommation de protéines animales. « En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an », indique le WWF.

Dix jours pourraient également s’ajouter en limitant le gaspillage alimentaire de moitié. En effet, actuellement, 30% de la production agricole mondiale est perdue ou gaspillée…

Il y a encore un an, Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, donnait l’alerte sur ce jour de dépassement bien trop précoce et voulait le faire reculer pour l’avenir de
l’humanité. « Nous devons apprendre à produire et à consommer différemment, car la poursuite des comportements actuels conduira inexorablement à des effondrements d’écosystèmes qui auront des conséquences tragiques sur notre économie, notre santé, notre alimentation », expliquait-il, avant de donner sa démission quelques semaines plus tard, déplorant des avancées politiques trop minimes pour sauver la planète.

Désormais c’est la secrétaire d’État, Brune Poirson, qui compte mener ce combat, accompagnée d’Elisabeth Borne, qui a succédé le 17 juillet dernier à François de Rugy à la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, et d’Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État.

C’est sur Twitter qu’elle a annoncé le 28 juillet, veille du jour de dépassement des ressources, que « demain, c’est le jour du dépassement. Avec Elisabeth Borne et Emmanuelle Wargon, nous travaillons quotidiennement pour une économie circulaire à la rentrée. RDV en septembre au Sénat ! ». Un message qui n’a pas plus à tout le monde, et qui n’a pas tardé à recevoir des réponses, notamment d’Arnaud Gauffier qui commentait

: « C’est sûr qu’en supprimant les touillettes en plastique, on fera reculer le jour du dépassement. Ce qu’il faut, c’est ne pas signer le CETA [ Comprehensive Economic and Trade Agreement, le CETA un accord commercial bilatéral de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada ratifié le 23 juillet dernier] et ne pas s’engager dans un accord comme avec le Mercosur [projet actuel d’accord entre l’UE et des pays d’Amérique Latine] ». En effet, déjà très critiqués, ces deux projets auront vraisemblablement des conséquences écologiques et sociales lourdes pour la planète.

 

 

À (re)lire : Ecosia, le moteur de recherche écologique qui lutte contre la déforestation

 

 

Quelle est votre empreinte écologique ? Faites le quiz !

Pour que chacun prenne conscience de sa propre consommation de ressources naturelles et puisse réagir au changement climatique, l’organisme de recherche Global Footprint Network propose un quiz.

De la même manière que pour les pays, combien de planètes seraient nécessaires si tout le monde vivait comme vous ?

Pour le savoir, vous devrez répondre à plusieurs questions portant sur vos habitudes de vie quotidiennes, à vos actions éco-citoyennes, etc.

Chaque année le questionnaire est peaufiné pour tenter de correspondre au mieux aux modes de vie actuels qui évoluent sans cesse.

La dernière amélioration consiste par exemple à sélectionner le type de protéines animales consommé et à quelle fréquence, car les protéines animales n’ont pas toute la même empreinteenvironnementale.

Si vous souhaitez connaître votre résultat, le questionnaire « Quelle est votre empreinte écologique? » est disponible dans 6 langues, dont le français, ICI.

Un bon moyen de réaliser un électrochoc individuel sur notre manière de consommer et de vivre.

En France, la cause écologique touche de plus en plus de personnes et plusieurs études ont prouvées que 87% des Français étaient sensibles à l’environnement et à sa préservation.

Une prise de conscience nécessaire pour réagir avant que les conséquences ne soient irrémédiables.

 

 

Prêt.e à rejoindre la Ruche ?
Cliquez-ici