Ecosia, le moteur de recherche écologique qui lutte contre la déforestation

Dans le cadre de notre politique RSE, lancée début 2019, nous souhaitons réduire au maximum notre impact environnemental, notamment nos émissions de CO2 et nous souhaitons partager avec vous nos retours quant aux solutions alternatives qui s’offrent à tous, et ce dans plusieurs domaines

Aujourd’hui, cap sur les moteurs de recherche !

Et oui, même si l’on ne s’en rend pas forcément compte, Internet est l’un des plus gros pollueur de la planète.

En effet, selon une étude de la Global e-Sustainability Initiative, Internet génère aujourd’hui autant de pollution qu’un avion.

Dès que nous consultons des sites, des millions de serveurs travaillent et chauffent pour nous permettre d’accéder à nos résultats, le tout en émettant du dioxyde de carbone via les sources d’énergie qui les alimentent.

En se basant sur une moyenne de 100 recherches sur un moteur de recherche comme Google, 25 grammes de CO2 sont produits. Un chiffre énorme quand on sait qu’il y a plus 3,5 milliards de recherche quotidienne sur Google, et qui nécessite de trouver des solutions alternatives.

Aujourd’hui rares sont encore les personnes qui effectuent des recherches sur Internet sans passer par Google.

En effet, le géant du web a très vite su s’imposer comme le moteur de recherche favori, laissant ses concurrents loin derrière. Et pour cause, au-delà de ses performances inimitables, nombreuses sont les personnes qui l’utilisent par facilité ou par manque de connaissance d’autres alternatives.

Pourtant il en existe beaucoup ! Certains se démarquent d’ailleurs par une intention particulière.

On a donc testé pour vous Ecosia, un moteur de recherche allemand, qui se présente avec un but environnemental : planter des arbres grâce à vos recherches. Retour sur ce sujet.

 

 

Ecosia : le moteur de recherche qui plante des arbres grâce à vos recherches

 

C’est en 2009 que le projet a émergé suite à un voyage au Brésil réalisé par le créateur du moteur de recherche, Christian Kroll. Après s’être aperçu des dégâts causés par la déforestation, il prend conscience de la gravité du problème et décide d’apporter sa pierre à l’édifice pour changer cela. Il lance ainsi Ecosia GmbH en décembre 2009.

Le principe est simple, vous réalisez une recherche sur Ecosia et grâce aux profits générés par les publicités présentes, des arbres sont plantés pour lutter contre la déforestation.

Concrètement, se sont 80% de ses bénéfices, soit environ 50% de ses revenus qui sont reversés à des associations.

L’entreprise ne se finance pas que par la publicité : elle fait également appel à des dons. En effet, grâce à des partenariats réalisés avec plusieurs entreprises, les utilisateurs peuvent générer des dons lorsqu’ils réalisent un achat en ligne.

Pour ce faire, des liens EcoLinks sont présents lors de chaque achat pour leur proposer de réaliser un don.

Le service est gratuit et ouvert à tous, grâce une extension à ajouter directement sur votre navigateur. Les résultats de recherche sont générés par Bing et les encarts publicitaires par Yahoo. Chaque clic sur une publicité génère des revenus pour l’entreprise. Le moteur de recherche laisse également la possibilité aux internautes de choisir s’ils souhaitent ou non que des contenus publicitaires soient affichés, afin que leur navigation soit la plus adaptée.

En revanche, si les internautes choisissent de ne plus afficher ces contenus publicitaires, les revenus générés par les recherches seront moindres.

Le fondateur, déjà investi dans des projets de recherche caritative au préalable, notamment avec Xabbel, Forestle et Znout, semble être disposé à faire bouger les choses en faveur d’une transition écologique réussie et d’une biodiversité sauvegardée.

 

100% des émissions de CO2 des serveurs Ecosia neutralisées

 

Niveau fonctionnement, le moteur de recherche neutralise 100% des émissions de CO2 de ses serveurs, de son infrastructure, de ses locaux et des appareils de ses utilisateurs grâce à son projet de compensation carbone géré avec son partenaire MyClimate.

La société a également investi en 2017 dans des panneaux photovoltaïques pour alimenter ses serveurs, et rester dans un objectif écologique complet.

La société se targue également de ne pas se contenter d’avoir un bilan carbone neutre. En effet, dans un communiqué la société a précisé « En plantant des arbres, Ecosia n’est pas seulement neutre en carbone. En plus des projets d’énergie solaire qui couvrent toutes les dépenses énergétiques d’Ecosia, une fois que tous les arbres plantés seront adultes, environ 0,34% de la production mondiale par an de CO2 seront séquestrés ».

 

 

« Ecosia finance un arbre par seconde (environ toutes les 45 recherches) »

 

Aujourd’hui c’est plus de 30 employés qui travaillent chez Ecosia, et plusieurs milliers d’emplois qui ont été créé dans le monde pour la plantation de ces arbres. « Actuellement, Ecosia finance un arbre par seconde (environ toutes les 45 recherches).

Montants donnés par Ecosia aux différentes associations – Source : Wikipédia

 

Une simple technologie, utilisée par des millions de personnes au quotidien, devient ainsi un outil pour le changement positif de notre monde », explique la société.

Ces arbres sont plantés dans de nombreuses zones critiques de Biodiversité comme au Burkina Faso, à Madagascar ou encore au Pérou.

Le bilan actuel de la société est plus qu’honorable après presque 10 ans d’existence, puisque qu’elle a franchi la barre des 8 millions d’utilisateurs et des 50 millions d’arbres plantés.

Nombre d’arbres plantés par Écosia – Source : Wikipédia

 

D’ici 2020, Ecosia prévoit d’en faire planter 1 milliard dans les hotspots de biodiversité les plus en danger. « Je crois que c’est un peu ambitieux, je ne suis pas sûr que nous y arriverons, mais on fera tout pour le faire. Et même si nous arrivons seulement à 500 millions d’arbres, je serai tout de même très content. », a précisé Christian Kroll.

À titre d’exemple, sur le mois de mai 2019, Ecosia affichait un montant atteignant les 696 204€ reversés aux différentes associations en charge de reboiser la Terre, ce qui équivaut à 5 699 974 arbres plantés.

 

Crédit : Ecosia.co

 

 

10% d’utilisateurs de la population mondiale suffiraient à reboiser la planète

 

Malgré ces chiffres plutôt élevés, le moteur de recherche peine encore à se faire connaître et à sensibiliser plus d’utilisateurs. Le fondateur affirme que si seulement 10% de la population mondiale utilisait son moteur de recherche quotidiennement, la planète entière pourrait être reboisée.

Si plusieurs questions persistent sur la rentabilité et le fonctionnement de l’entreprise, Ecosia met un point d’honneur à rester transparente et partage chaque mois ses résultats financiers ainsi que ses reçus de plantations, consultables par tous sur leur site officiel.

Ecosia précise également sur son site s’être engagé légalement à être et à rester une entreprise à but non lucratif. « Les fondateurs d’Ecosia ont reversé une partie des parts sociales à la Purpose Foundation. Ainsi l’entreprise ne pourra plus jamais être vendue à des investisseurs privés et aucun bénéfice ne pourra être utilisé pour autre chose que pour servir la cause. », précise l’entreprise sur son site.

 

 

Une alternative qui n’est toutefois pas 100% verte et écologique !

 

Si Ecosia présente de nombreux avantages et reste une solution plus verte que bien d’autres, elle n’est toutefois pas 100% écologique !

En effet, Ecosia n’est pas 100% indépendant et utilise ainsi les serveurs de Bing (Microsoft) pour générer ses résultats de recherche ou encore ceux de Yahoo pour la publicité qui génère notamment ses revenus.

De ce fait, il augmente la consommation de ces serveurs et donc la pollution associée.

Bien que la démarche de la création d’un moteur de recherche écologique soit louable, la génération de revenus basé sur la publicité pose problème dans un modèle écologique, puisqu’il entraine souvent des problèmes comme la surconsommation, la pollution, le gaspillage… Un point qu’il ne faut pas oublier lors de nos choix de moteurs de recherche.

 

 

La protection de la vie privée pas à la hauteur de ses concurrents

 

Autre point mois positif d’Ecosia, la protection de la vie privée.

En effet, à l’heure actuelle, la protection des données personnelles est dans toutes les bouches, et tous les sites, entreprises, réseaux sociaux, moteurs de recherches, etc, s’activent pour rassurer les utilisateurs à ce sujet.

Bien qu’on puisse lire sur leur site que le moteur de recherche utilise un chiffrement SSL ainsi que le refus de pistage des données de navigation par des tiers, chez Ecosia, les règles restent moins rigides, et inquiètent plus les potentiels utilisateurs.

Cependant, le moteur est clair sur sa démarche et son manque de protection de la vie privée, et n’hésite pas à le faire savoir dans sa politique de confidentialité : « Ecosia est un moteur de recherche soucieux du respect de la vie privée de ses utilisateurs. Nous prenons très au sérieux la protection de tes données personnelles. Notre mission première reste cependant de permettre à chaque internaute de contribuer au financement de programme s de reforestation tout en surfant sur le web. C’est d’ailleurs ce qui rend Ecosia unique. Nous ne pouvons pas avoir les mêmes exigences en matière de confidentialité que les moteurs de recherche qui ont fait du respect de la vie privée leur principal cheval de bataille. ».

De plus, Ecosia s’appuie sur Bing pour son système de recherche, un fonctionnement donc moins performant que Google (qui reste souvent invaincu de ce côté là), et qui laisse les utilisateurs toujours un peu plus hésitants à utiliser ce service.

Les français sur la première marche du podium des utilisateurs d’Ecosia (23% du trafic)

 

Les français restent tout de même les principaux utilisateurs de ce moteur de recherche écologique, avec en mai 2019 23% du trafic, suivi par les Allemands avec 17% et les Américains avec 15%. Mais Ecosia doit encore faire face à la concurrence avec Qwant (2013), DuckDuckGo (2008) ou encore le français Lilo (2014) pour gagner de nouvelles parts de marché.

 

 

Prêt.e à rejoindre la Ruche ?
Cliquez-ici