Des trains low-cost bientôt sur les rails

Temps de lecture : 4 min 

La start-up ferroviaire Kevin Speed a annoncé la signature d’un accord-cadre avec SNCF Réseau pour faire rouler ses trains à petits prix dès 2028. Au programme : 3 nouvelles lignes, des prix cassés et la fin des réservations ! Une offre qui promet de marquer un véritable tournant dans la grande vitesse ferroviaire.

Un nouveau concurrent sur le marché français

Après l’arrivée sur le marché de Trenitalia, la Renfe et prochainement la compagnie Le Train, le nouvel opérateur français Kevin Speed veut casser le marché français. Le 29 février dernier, la start-up Kevin Speed a franchi une étape importante dans le ferroviaire français en signant un accord-cadre de réservation de capacité avec SNCF Réseau, en présence du ministre délégué aux Transports, Patrice Vergriete.

Cet accord prévoit de faire rouler des trains entre Paris, Lille, Lyon et Strasbourg à partir de 2028, à des tarifs bradés, et avec une desserte des gares intermédiaires. Kevin Speed promet 16 passages quotidiens, à chaque heure, de 6 heures à 22 heures, dans les deux sens sur les trois lignes de lancement.

L’accord a également été conforté par l’Autorité de régulation des transports (l’ART) le 22 mai dernier, qui a confirmé qu’il ne faisait pas obstacle à l’utilisation de l’infrastructure par d’autres candidats ou services de transport et qu’il n’avait pas reçu d’objections des Régions concernées par les dessertes à l’échéance du 12 avril. Ainsi, Kevin Speed devient le premier acteur du rail, complémentaire à SNCF Voyageurs, à obtenir ce niveau de confiance du ministère des Transports, des collectivités territoriales et de l’autorité indépendante de l’ART.

 

// À (re)lire : La compagnie Le Train veut lancer ses premiers trains régionaux dans le grand ouest : https://bee-eng.com/la-compagnie-le-train-veut-lancer-ses-premiers-trains-regionaux-dans-le-grand-ouest-des-2023/

Des tarifs abordables et aucune réservation nécessaire

Du côté de son modèle économique, Kevin Speed promet des tarifs abordables, qui seront dégressifs au fur et à mesure des voyages. Son offre « Ilisto » commencera à 3 euros pour 100 km parcourus en heure creuse pour les TGV à destination de Strasbourg et Lille, et à 5 euros aux 100 km parcourus en heure creuse pour ceux partant de Lyon. Des prix plus qu’attrayants qui devraient permettre à la start-up de s’assurer du bon remplissage de ses trains.

L’offre prévoit également de se démarquer en ne proposant aucune réservation. Les clients passeront directement en tapant avec leur carte ou leur téléphone et ne seront facturés qu’en fonction des voyages effectués. Ainsi, les voyageurs pourront monter et descendre à l’arrêt de leur choix sur chaque axe. Un modèle plus adapté aux modes de vie actuels et à l’augmentation du télétravail selon la start-up (https://www.kevin-rail.com/presse-and-contacts)

// À (re)lire : https://bee-eng.com/le-ferroviaire-au-coeur-de-la-transition-ecologique-du-secteur-des-transports/

Des TGV neufs

Avec un marché de l’occasion inexistant, Kevin Speed n’a d’autre choix que de se tourner vers l’achat de TGV neufs. L’opérateur s’est engagé à acheter 20 nouvelles rames de trains à grande vitesse au constructeur Alstom, qui seront spécialement conçues pour répondre aux besoins du plan d’affaires de l’offre Ilisto.

La livraison des 20 rames est prévue d’ici 2028, date de commercialisation de l’offre. Cette livraison représente un investissement conséquent, estimé à 1 milliard d’euros, qui nécessitera une nouvelle levée de fonds d’ici l’été, la précédente de 4 millions d’euros ayant servi à financer les sites d’exploitation et de maintenance.

Mais pour obtenir les autorisations et homologations de circulation et entamer les premiers tests, Kevin Speed devra commencer à recevoir des trains dès 2026. Un délai qui semble donc assez juste, puisqu’il faut en moyenne 4 ans pour concevoir des rames, et qui pourrait rallonger le plan de route de l’opérateur français.

Avec ce nouvel accord conclu pour une durée de 10 ans renouvelable avec SNCF Réseau, le marché français de la grande vitesse ferroviaire consolide sa volonté d’ouverture aux investisseurs privés, en renforçant son offre pour les Français, y compris des villes et métropoles moyennes.

 

Prêt.e à rejoindre la Ruche ?
Cliquez-ici

 

Notre page LinkedIn

Crédit photo : tous droits réserves