La SNCF sur les rails de l’hydrogène avec Alstom !

 

Guillaume Pepy, l’actuel président de la SNCF, dont le mandat arrive à son terme fin 2019, a annoncé vouloir passer une première commande d’une quinzaine de trains à hydrogène au Groupe Alstom dans les semaines à venir.

Une alternative plus écologique par rapport aux trains du parc actuel de la SNCF pour répondre aux enjeux climatiques.

On fait le point pour vous dans notre article de la semaine.

 

 

Des prototypes de trains à hydrogène proposés par Alstom en 2018

 

Depuis septembre 2018, le Coradia iLint conçu par Alstom est entré en service commercial en Allemagne.

Il s’agit du premier train de passagers au monde à être alimenté par une pile à hydrogène, qui produit de l’énergie électrique pour la traction et émet uniquement de la vapeur d’eau et de l’eau condensée.

Ce train se distingue par sa combinaison d’éléments innovants : une conversion d’énergie propre, un stockage flexible de l’énergie dans des batteries et une gestion intelligente de la traction et de l’énergie disponible. Conçu spécialement pour les lignes non électrifiées, il permet une exploitation propre et durable tout en garantissant d’excellents niveaux de performance.

 

Le Coradia iLint, train à hydrogène en circulation en Allemagne depuis septembre 2018. Crédit : Alstom

 

L’an dernier, Alstom proposait une version du Coradia iLint destinée au marché du rail français. La SNCF avait alors montré son intention d’investir dans ce projet et avait émis le souhait que les régions commandent rapidement une trentaine de ces trains.

Les longues discussions autour de ce projet novateur entre la SNCF et les régions intéressées, qui ont établi un cahier des charges, débouchent aujourd’hui sur une commande d’une quinzaine de trains pour la France.

Six régions sont concernées par ce projet parmi lesquelles on retrouvel’Occitanie, la Nouvelle Aquitaine ou encore le Grand Est.

En Occitanie, la région a présenté fin juin un plan régional visant à déployer les moyens de mobilité à hydrogène. Avec un budget de près de 150 millions d’euros ainsi que l’aide d’une filière de production d’hydrogène vert à partir des ressources régionales en énergie renouvelable, la région espère une mise en circulation pour 2022. Dès l’année prochaine, la première unité de production d’hydrogène de la région sera installée à l’aéroport Toulouse-Blagnac.

 

Des trains hybrides alliant l’hydrogène et l’électrique !

 

Le Coradia iLint. Crédit : Alstom

 

Ces nouveaux véhicules seront des modèles « bimode », c’est-à-dire à la fois électrique et hydrogène. Il s’agira donc de la version hybride du modèle Regiolis actuellement en circulation dans les régions françaises.

« Ça sera une première en France », a indiqué Guillaume Pepy.

La mise en circulation de ces trains est attendue d’ici deux ans, ce qui correspond à l’objectif du plan d’action gouvernemental visant à faire rouler des prototypes avant la fin du quinquennat. En accord et surtout avec l’aide de l’Etat, il y a fort à parier que ce projet sera conclu.

Même si le train est aujourd’hui présenté comme un moyen écologique de se déplacer, notamment en comparaison aux voitures ou aux avions, il reste toujours peu respectueux de l’environnement avec encore un quart des trains fonctionnant encore avec des moteurs diesel.

L’avantage principal de l’utilisation de l’hydrogène est que « tout au long du trajet, le train n’émet aucun polluant », précise Guillaume Pepy. En effet, aucune particule n’est rejetée mais uniquement de l’eau, ce qui le rend donc particulièrement respectueux de l’environnement. Cependant, la question de l’hydrogène reste encore soumise à controverse.

 

À relire : First Light : le train à traction solaire testé à Londres.

 

 

 

Le débat autour de l’hydrogène en France

 

En effet, si l’hydrogène ne rejette aucune mauvaise substance en soi, sa provenance pose problème. Actuellement, 95% de l’hydrogène consommé en France reste issu d’énergies fossiles.

Une autre solution d’extraction par électrolyse de l’eau existe, mais celle-ci est encore très peu répandue à cause de son coût beaucoup plus élevé.

De plus, même si l’hydrogène est disponible absolument partout dans la nature, il est cependant rarement utilisable directement sans transformation.
Afin d’être utilisé en tant qu’énergie, il doit la plupart du temps être isolé d’autres éléments tels que le carbone ou encore l’oxygène.
Et pour ce faire, les entreprises ont souvent recours à des centrales de charbon ou des centrales nucléaires, avant d’acheminer l’hydrogène récupéré par voies routières la plupart du temps. Un processus peu écologique donc si on l’analyse dans son ensemble.

Cette commande permettra peut-être aux entreprises de revoir leurs méthodes de production d’hydrogène décarbonaté pour avancer vers des solutions plus vertes.

« Plus un seul diesel sur les rails français dans quinze ans »

 

Le directeur du groupe a également rappelé lors de son annonce que la SNCF misait sur des trains hybrides en remplaçant les moteurs ou partie des moteurs diesel d’autorails existants par des batteries.

« L’objectif, c’est qu’il n’y ait plus un seul diesel sur les rails français dans quinze ans », a précisé le patron du groupe.

La SNCF souhaite également investir dans de nouvelles locomotives mélangeant moteurs thermiques et électriques pour développer son parc hybride.

 

En savoir + sur le Coradia iLint sur le site d’Alstom.

 

 

Prêt.e à rejoindre la Ruche ?
Cliquez-ici