[Covid-19] Ces industries clés qui ne cessent de tourner malgré le confinement

 

Alors que la France est en plein confinement, certains secteurs industriels ne peuvent pour autant pas s’arrêter de fonctionner.
Il s’agit d’usines qui assurent des activités vitales au pays au quotidien.

Depuis 2006, la France a d’ailleurs défini une liste des Opérateurs d’Intérêt Vital (OIV). Objectif : assurer une certaine continuité économique et une réponse aux besoins vitaux en cas de crise majeure. Une liste utile en cas d’actes terroristes ou de crise sanitaire comme nous la vivons actuellement.

Malgré le confinement en place sur l’ensemble du territoire depuis le 17 mars dernier, certains secteurs tournent à plein régime.
C’est notamment le cas des soignants et du personnel médical. Plus que jamais sollicités en cette période d’épidémie, nous saluons leur courage et leur dévouement.

C’est aussi le cas pour de nombreuses usines qui répondent aux besoins vitaux de la population.
Mobilisés de jour comme de nuit, de nombreux industriels considérés comme des OIV assurent ainsi le bon approvisionnement du pays. Qu’il s’agisse d’eau potable, d’énergie, de nourriture, de médicaments, de collecte des déchets, ou encore du maintien des réseaux télécoms…  Elles doivent tout bonnement continuer à tourner à tout prix.

On fait le point pour vous dans notre article de la semaine.

 

 

L’énergie et les centrales nucléaires

Depuis 2000, EDF dispose d’un plan pandémie. Ce plan de continuité d’activité (PCA) avait été réactualisé en 2003 et 2011 lors des épisodes d’épidémie du H1N1 et du Sras.

Le 16 mars dernier, EDF déclenchait son PCA. Il était uniquement effectif sur la centrale de Flamanville (Manche), alors en arrêt pour maintenance. Il permet notamment au groupe de fonctionner avec 40% de salariés en moins pendant deux à trois semaines.
Son activation pour les autres centrales sera décidée par le comité exécutif de l’entreprise et par une cellule de crise, mise en place début mars.

Avec ce plan d’action, 19 centrales nucléaires françaises devraient continuer à pouvoir tourner avec seulement 60% du personnel présent sur une période de 15 jours.
Au vu de l’évolution de la pandémie et donc du probable allongement de la période de confinement, EDF se mobilise. Le groupe assure être capable de maintenir son activité nucléaire avec un taux d’absentéisme de 25% pendant 12 semaines.

Ponctuellement, les centrales nucléaires pourront également fonctionner avec des effectifs encore plus réduits que ceux annoncés ici. C’est déjà le cas le soir et le week-end qui comptabilisent environ 120 personnes pour un site comptant deux réacteurs.

En dernier recours, EDF dispose d’une force d’action nucléaire rapide. Créée après la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, cette cellule d‘action est composée d’une centaine de personnes « capables de piloter toutes les centrales, quelque soit la taille », indique le groupe. « Nous avons des marges importantes », assure-t-il.

Le groupe Orano, acteur majeur de l’énergie nucléaire en France, a été rapidement réactif. Suite aux mesures gouvernementales luttant contre le Covid-19, l’un des porte-paroles explique que « les personnels ont reçu les premières consignes de vigilance dès janvier ». Depuis le début de la pandémie, ces mesures ont évolué pour s’adapter aux consignes des autorités et aux recommandations des médecins du groupe.

Tous les événements et rassemblements non-essentiels au bon fonctionnement de l’activité ont été annulés pour veiller à la sécurité des employés. A l’instar d’autres groupes, un système de rotation a été mis en place. A l’intérieur de celui-ci, seules sont maintenues des activités qui assurent la sûreté des installations et celles nécessaires à l’approvisionnement en électricité pour les concitoyens.

On retrouvera donc parmi celles-ci, des activités d’enrichissement de l’uranium visant à fabriquer le combustible et à assurer son transport.

 

 

La métallurgie fait bloc pour assurer la pérennité de ses usines 

 

Dans le secteur de la métallurgie, une coupure pourrait s’avérer très critique, au risque de ne pas pouvoir redémarrer.
« Il y a une très forte volonté de maintenir l’activité coûte que coûte »
, explique Cyrille Mounier, délégué général d’Aluminium France. « Certaines usines tournent depuis 120 ans, ce n’est pas un virus qui va les arrêter ! »

Les employés et les dirigeants se sont donc mobilisés pour éviter cet arrêt. Ils souhaitent à tout prix continuer de faire tourner des cuves d’électrolyse, des cokeries, ou encore des hauts fourneaux représentant des coûts impressionnants. Certains d’entre eux peuvent atteindre des dizaines de millions d’euros.

Pour le moment, avec seulement 15% d’opérateurs absents, la majorité des usines fonctionne encore. Le seuil critique absolu est de 40%.

Pour éviter de l’atteindre, la filière compte sur la mobilisation de ses salariés. Elle a d’abord recensé les compétences clés puis mis en place des formations pour assurer une plus grande polyvalence des salariés. Le secteur espère ainsi un impact mineur et envisage même de faire appel aux retraités du secteur.

Mais la plus grande inquiétude pour l’industrie métallurgique reste l’impact de la pandémie sur les marchés de l’automobile, de l’aéronautique, du ferroviaire et de la construction navale. La crainte : un manque d’approvisionnements et de débouchés.

 

 

Maintenir l’approvisionnement en électricité et en gaz du pays

Qui dit confinement, dit forcément consommation accrue en électricité et en gaz des ménages.

RTE, filiale d’EDF en charge des lignes électriques à haute et moyenne tension en France, a elle aussi déclenché son PCA le 15 mars dernier.

« RTE pourra ajuster l’équilibre production-consommation en temps réel », précise la société.
Son plan de continuité d’activité « comporte plusieurs phases pouvant être déployées selon l’évolution de la situation […] Une équipe est entièrement dédiée à l’application de ces mesures ».

Bien que le groupe ait précisé ne pas être impacté par la crise sanitaire, la plupart des salariés de RTE ont été placés en télétravail.
Seules les activités « indispensables au bon fonctionnement du réseau électrique et à l’approvisionnement en électricité restent maintenues », explique RTE.

Parmi ces postes essentiels : la maintenance des postes électriques et des lignes électriques, la gestion du réseau en temps réel ou encore les postes de maintien des outils informatiques.

Chez Suez, les missions essentielles seront assurées malgré des effectifs réduits à 40%.

 

 

L’eau potable

Pour ce qui est des métiers liés à l’environnement et plus précisément au traitement et à la distribution d’eau potable, là encore la pandémie contraint à une réorganisation et surtout une priorisation des missions.

Pour y réagir, Suez a déployé des mesures de continuité dans l’ensemble des pays touchés par le Covid-19. C’est le cas pour ses activités de traitement et de distribution de l’eau potable, d’assainissement des eaux usées et de collecte et de traitement des déchets.

Le groupe, lui aussi, « capitalise sur des événements précédents, à l’exemple de l’épidémie du virus H1N1 ». Il s’est préparé à appliquer des mesures pour garantir les stocks et l’approvisionnement en matériels et produits de traitement.
Son porte-parole affirme que « même si nos effectifs sont inférieurs à 40 % », les missions opérationnelles essentielles seront assurées, au détriment d’activités non-urgentes pouvant alors être repoussées.
Les salariés « appliquent les précautions d’usage (gants) dans la manipulation des déchets et à proximité d’aérosols et poussières (masques, lunettes) ».

En France, on compte plus de 20 000 stations d’épuration. Elles nécessitent elles aussi des mesures de protection renforcées à destination des salariés : port de masques, de lunettes et de gants. Ces mesures de protection visent à protéger au mieux les salariés, malgré les pénuries actuelles d’équipement (notamment en masques). En ce moment, des tests sont réalisés pour connaître la résistance du virus dans les eaux usées.

En revanche le groupe tient à préciser que « ce virus ne résiste pas plus que les autres aux procédés de désinfection en place dans nos usines de potabilisation (chlore, UV, ozone). Aucun cas de transmission par l’eau potable n’a été détecté », a indiqué un porte-parole du groupe.

 


La collecte des déchets

Autre point primordial pour ne pas augmenter la propagation du virus : la collecte des déchets.

Veolia souhaite répondre aux besoins urgents et s’adapter à l’augmentation des flux de déchets ménagers dûs au confinement. Pour cela, l’entreprise concentre en priorité ses efforts sur la collecte des ordures ménagères.

Veolia laisse pour le moment de côté la collecte sélective et le recyclage, comme l’a précisé Anne Le Guennec, directrice générale recyclage et valorisation des déchets. Elle a également ajouté qu’une attention particulière serait portée sur les déchets hospitaliers. Objectif : les détruire systématiquement afin d’enrayer la possible propagation via ces déchets. En conséquence, ils seront « moins bien triés » par précaution.

Pour ne pas mettre en danger les employés, les compétences clés ont été identifiées. Des rotations ont été mises en place pour éviter que les différentes équipes ne se croisent.

Pour le traitement des déchets, « les postes sont déjà relativement isolés », explique Anne Leguennec. « Les équipements de protection des opérateurs, déjà importants, ont été renforcés » et « le groupe a beaucoup travaillé sur la distanciation physique et l’autonomisation des salariés ».
Les vestiaires collectifs sont donc évités. La rotation des équipes sans se croiser est primordiale. Les comptes-rendus physiques ont été limités.

En fonction des besoins et des retours des premières semaines de confinement, Veolia adaptera ses tournées. L’entreprise « peut aussi modifier les équipages des camions-bennes, en passant de deux à un seul ripeur à l’arrière », pour éviter les contacts trop longs.

Les villes agiront ensuite au cas par cas pour les collectes de déchets non sensibles. Elles les réduiront au maximum, voire les arrêteront complètement.

 

Bien qu’elle France puisse compter sur ces OIV pour maintenir le bon fonctionnement du pays, la France a un autre allié de taille. En effet, le soutien d’un grand nombre d’entreprises enclines à contribuer à l’effort contre cette guerre sanitaire est précieux.

De nombreuses entreprises ont adapté leurs usines et leurs lignes de production. Objectif : fournir aux hôpitaux et aux personnels soignants des produits essentiels durant cette période.

Ainsi, on retrouve le groupe LVMH, la PME drômoise 1083 ou encore Tuffery en Lozère. Ils se reconvertissent dans la fabrication massive de masques. Les groupes Christian Dior, Guerlain, Givenchy ou encore L’Oréal se mobilisent également. Ils produisent du gel hydro-alcoolique pour les hôpitaux, les maisons de retraite, ainsi que les commerces ouverts. Le sucrier français Tereos produira aussi du gel hydro-alcoolique dans cinq de ses distilleries pour le laboratoire Cooper qui assure la distribution aux pharmacies françaises. Le spécialiste de l’homéopathie Boiron, produit lui aussi du gel hydro-alcoolique depuis le 23 pour l’Etablissement français du sang.

A votre échelle, vous aussi pouvez agir. Cela n’a jamais été aussi simple de sauver des vies : restez chez vous. Vous pouvez également proposer de soutenir le personnel soignant en vous inscrivant sur le site web « En première ligne.fr ». En tout cas, d’ici à ce que la situation s’améliore, prenez soin de vous !

 

 

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