Naval Group et Fincantieri annoncent leur alliance dans le domaine des navires militaires

 

Naval Group et Fincantieri viennent d’annoncer la création d’une entreprise commune spécialisée dans le domaine des navires militaires de surface.

On revient pour vous sur les détails de cette co-entreprise dans notre article de la semaine.

 

Une alliance, fruit de vint-ans de coopération entre l’Italie et la France

Pour symboliser leur alliance, les PDG respectifs de Naval Group et Fincantieri ont décidé d’annoncer vendredi dernier la création de leur co-entreprise dans la base navale de la Spezia de la marine italienne, au sein même de la frégate Frederico Martinengo, dont la conception est franco-italienne.

Une manière de montrer l’importance de ce projet commun pour les deux pays après près de vingt-ans de coopération entre l’Italie et la France dans le secteur de la Marine.

“Cette joint- venture est le point de départ d’une vision industrielle partagée du marché mondial du naval et la volonté commune de deux industriels leaders en Europe de continuer à promouvoir notre offre européenne dans le monde entier”, a précisé Hervé Guillou, le PDG de Naval Group.

Selon lui, les deux entreprises possèderaient chacune approximativement 20% du marché mondial accessible des frégates et des corvettes militaires.

Pour le moment, aucun nom n’a encore été donné à cette nouvelle joint-venture, qui sera détenue à parts égales par les deux sociétés. Le siège social sera situé à Gênes en Italie, et une filiale et un bureau études se trouveront en France, à Ollioules, dans le Var.

« La JV est le point de départ d’une vision industrielle partagée », a indiqué Hervé Guillou, qui tente de rassurer les acteurs des milieux industriels et militaires français qui émettent certains doutes face à cette co-entreprise.

Pour ce qui est de la direction de la co-entreprise, c’est un directeur général français, Claude Centofanti (actuel directeur financier adjoint de Naval Group), et un président italien, M. Bono, qui ont été désignés pour un mandat de trois ans pour commencer. La nationalité de la direction alternera ensuite à chaque mandat.

Le conseil d’administration quant à lui sera constitué de six membres, choisis à 50/50 par les deux sociétés.

 

Aucune restructuration ou diminution de personnels dans les deux entités

“Nous avons beaucoup de travail à faire pour répondre à nos donneurs d’ordre. Nous avons la chance que nos deux entreprises sont dans une situation favorable. Cette opération va se faire sans restructuration, sans diminution de personnels” a précisé Giuseppe Bono le PDG de Fincantieri. L’entreprise entamera ses activités avec plusieurs dizaines de personnes ainsi qu’avec l’aide des 5000 salariés qui travaillent dans ce domaine dans les deux sociétés.

 

Sauver la construction navale européenne

Dans un marché concurrentiel principalement dominé par les Chinois et les Russes, ce mariage franco-italien compte bien s’imposer pour sauver la construction navale européenne.

A titre d’exemple, la Chine, en seulement quatre ans, a construit l’équivalent de l’ensemble de la marine militaire française.

Pour cela, la coentreprise prévoit d’optimiser les budgets d’achats, de réaliser des offres communes, de s’attaquer à des projets de recherche et développement, et de piloter des programmes de navires militaires aussi bien pour la France et l’Italie que pour l’export.

Des projets communs qui commencent immédiatement avec, dès cet été, pour marquer le début de cette alliance, une offre commune aux marines de leurs deux pays. Il s’agira de s’occuper du chantier de refonte de leurs frégates Horizon, dont deux sont présentes dans chaque pays.

 

R&D, bateaux numériques et gestion de l’énergie à bord

Ensuite, la joint-venture s’attaquera à cinq projets de R&D, dont les bateaux numériques, la futilité des navires ou encore la gestion de l’énergie à bord.

À terme, d’ici 2028, elle compte proposer un nouveau programme de corvettes européennes d’un tonnage de près de 3 000 tonnes pour l’ensemble des marines française et italienne.

Si ce programme est un succès dans les deux pays, la nouvelle entreprise prévoit d’ouvrir celui-ci à autres pays européens, notamment pour l’inscrire dans des projets capacitaires communs de défense de l’Union Européenne.

La création de cette co-entreprise, née du projet « Poseidon » lancé en 2017, aboutit après près de deux ans de négociations, notamment du aux politiques compliquées de concurrences nationales et européennes.

« C’est une journée importante, on y travaille depuis cinq ans, et au moment où l’Europe est soumise à des turbulences politiques, nous faisons la preuve qu’on peut coopérer et nous pensons que c’est nécessaire pour nos enfants et petits-enfants », a déclaré Giuseppe Bono, PDG de Fincantieri. “Dans le secteur du naval de Défense, on compte 2 acteurs majeurs aux Etats-Unis contre 12 en Europe. Et en Europe, le budget R&D est le 1/4 de celui des Américains” a ajouté Hervé Guillou.

Avec ses nombreux projets, l’entreprise espère dégager entre 1,5 et 1,7 milliards d’euros de commandes au cours des quatre années à venir. Hervé Guillou a précisé qu’il souhaite « rendre cette joint-venture très concrète à court terme ».

 

 

 

Prêt.e à rejoindre la Ruche ?
Cliquez-ici